Maison d’édition indépendante installée à Pointe-Noire au Congo, Les Lettres Mouchetées, crées par Muriel Troadec en décembre 2015, ont pour vocation de publier des auteurs de tous les horizons en langue française pour parler du monde dans tous ses états. «Lettre mouchetée» est l’autre nom donné au bois d’Amourette, un bois exotique noble et précieux. Le nom français de «lettre mouchetée» puise son origine dans son ancienne utilisation; en raison de sa résistance, il servait à fabriquer des caractères d’imprimerie. Les petites taches noires qui ornent le bois lui valurent l’adjectif de «moucheté».

NOUVEAUTÉ:
“LES AUBES BRUMEUSES”
DE DORIS KELANOU

Après de longues années passées en France, Marie-Eve retourne en Afrique, dans son pays d’origine… mais son esprit rationnel se heurte rapidement aux comportements ambivalents d’une société qui oscille entre religion et pratiques occultes…  Mythe ou réalité ? Ce récit habilement construit questionne sur le fondement des valeurs africaines face à l’acculturation occidentale.

SORTIE LE 25 MAI 2020

“LA PROMESSE DE SAMOTHRACE”
DE PAUL MINTHE

Quand le cancer dégaine et vous tire une balle entre les deux yeux… Paul Minthe raconte le combat qui s’engage… 

PARU LE 12 DÉCEMBRE 2019

Web Théâtre (11 février 2020)

La Promesse de Samothrace de Paul Minthe
par Gilles Costaz (journaliste, auteur, critique et dramaturge français)

Un cancer dans l’œil du cow-boy

Vous ne connaissez pas Paul Minthe ? Si, vous le connaissez. Au théâtre, vous avez pu le voir dans des mises en scène de Jean-Louis Benoit, Didier Bezace ou Jean-Louis Martinelli, ou dans ses propres textes (K.O. Boy). Au cinéma, il est d’une personnalité si évidente au second plan que vous le placez au premier. Minthe, l’an dernier, avait disparu. Chômage ? Non, maladie. Maladie terrible, mortelle. Il le raconte dans un livre, La Promesse de Samothrace : « Je suis acteur. J’ai 60 ans, je mesure 1 mètre 60 et pèse 60 kilos. Soudain j’ai le cancer. Au milieu des yeux, un cancer rare, grave, agressif. Cancer des sinus ! Entre les yeux ? Est-ce le western qui me rattrape ? One shot between the eyes ».

Paul Minthe est un fou du western. Il a cette mythologie dans la peau. Pour en jouer, façon burlesque et façon admirative. Quand on a 1 mètre 60 et qu’on tient le revolver de John Wayne, il y a quelque chose qui cloche ou qui, au contraire, conte le vrai et le faux du cinéma et de nos existences. Minthe avait écrit et joué un monologue à forte jubilation sur ce thème, ce K.O. Boy très personnel qu’il peut reprendre à tout moment. Mais, l’an passé, l’adversaire, ce ne sont plus les Apaches. C’est la maladie. D’ailleurs, les Apaches, il les aime (« Le théâtre, c’est les Apaches, c’est la liberté : toutes les histoires sont vraies le temps de la représentation »).(…)

À leur lutte contre le cancer beaucoup de personnalités ont consacré un livre de témoignage. Paul Minthe s’inscrit dans ce répertoire au poids de souffrance humaine et de grande attention médicale. Mais c’est un baladin, un poète, un délirant. D’ailleurs, les traitements ont pu accentuer cette folie douce, ce besoin de dépasser la quotidienneté par des vies imaginaires, des perceptions insolites et un humour qu’en cow-boy des planches, on dégaine pour tuer la camarde. Ce qui emporte le livre, ce sont les envolées, des visions vraies et des visions imaginées par un écrivain inspiré : « Le ciel est bleu et le sable doré. L’Appaloosa est un mustang, il s’appelle Nnongooô. Au loin, sur une colline, une fumée de bienvenue. Les Indiens m’accueillent. Ma chemise est rouge, ils m’appellent Yah-Bé. Pourquoi pas ? La Seine a disparu. »

Un acteur qui sauve sa peau en scalpant le malheur, cela fait un beau livre.

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